Monnaie unique dans l'espace Cedeao

Membre de la task force présidentielle sur la thématique de la monnaie unique de la Cedeao, le Président ivoirien, Alassane Ouattara, est arrivé hier, à Accra où se tient ce mercredi, la 5e rencontre de ce groupe présidentiel de réflexion.

Accueilli par le vice-Président Ghanéen, Alhaji Dr Mahamudu Bawumia, l’ambassadeur de Côte d’Ivoire au Ghana, Ehui Bernanrd Koutouan, à la tête de la communauté ivoirienne, le Chef de l’Etat a dit tout son espoir et optimisme en ce grand projet régional qu’est la création de la monnaie unique de la Cedeao. En effet, cette réunion d’Accra vise à élaborer une nouvelle feuille de route dont la mise en œuvre devra aboutir à la création effective de cette monnaie unique dans la région ouest-africaine.

Prendront part à cette réunion tous les membres de la task force présidentielle (Ghana, Côte d’Ivoire, Niger, Nigeria) ainsi que le Togo, présidant la Conférence des Chefs d’Etat de la Cedeao et la Guinée, invitée pour son poids économique. « Les six Chefs auront à faire le point. Notre volonté c’est de continuer les mesures que nous avons commencé à mettre en œuvre », a déclaré hier, à la presse, le Président Ouattara, à sa descente d’avion.

Lors de la 4e réunion, tenue à Niamey (Niger) en octobre 2017 (30 ans après le lancement de l’idée de monnaie unique), il a été relevé que la feuille de route devant aboutir à cette monnaie unique n’a pas été mise en œuvre correctement et vigoureusement. De sorte que les objectifs que les Chefs d’Etat se sont fixés n’ont pu être atteints. Ainsi, de 2012 à 2016, la commission de la Cedeao a déploré le fait qu’aucun pays n’a pu respecter de manière continue les critères de premier ordre du programme de convergence macro-économique. Tout comme l’harmonisation des politiques monétaires  entre les huit monnaies de la Cedeao qui n’a pu se faire. L’institut monétaire, prélude à une banque centrale commune, n’a pas non plus vu le jour.

Face à toutes ces difficultés, la rencontre d’Accra se veut plus pragmatique pour aider ou inciter les 15 pays de la Cedeao à aller à la monnaie unique, au travers d’une feuille de route qui n’est rien d’autre qu’un programme d’activités bien défini et à exécuter avant 2020, échéance de la mise en œuvre effective de  la monnaie unique, du moins dans les pays qui seront prêts. A ce niveau, le Président Ouattara a réaffirmé la détermination de la Côte d’Ivoire et son engagement à respecter tous les critères pour être dans le délai de la création de cette monnaie.

« …Parce que nous tenons à avoir cette monnaie de la Cedeao en 2020. Bien évidemment, cela dépendra des efforts des uns et des autres. Je peux vous dire que pour la Côte d’Ivoire, nous respectons quasiment tous les critères de convergence aussi bien les critères prioritaires que les critères secondaires. En 2019, nous serons totalement conformes aux objectifs que nous nous serons fixés », a rassuré Alassane Ouattara. Convaincu que le salut des pays de la région ouest- africaine viendra de cette unicité monétaire, il a bien voulu partager son espoir et son optimisme et invité ses pairs à aller dans la même direction.

« Notre participation à cette réunion sera de dire à nos frères de la Cedeao que nous devons tous aller dans la même direction. Parce que c’est de là que viendra le salut. Quand on voit le prix du cacao sur le marché mondial et que le Ghana et la Côte d’Ivoire produisent 60% du cacao mondial et que les prix chutent de 40%, ce n’est pas normal. Donc, si nous avons une meilleure convergence de nos politiques, une meilleure fixité des prix aux producteurs, des conditions pour les paysans, pour les engrais, la commercialisation, l’exportation, nous allons dominer le marché du cacao et ceci permettra  d’améliorer les conditions de vie de nos concitoyens Ghanéens et Ivoiriens. Je suis là avec beaucoup d’optimisme et d’espoir », a-t-il argumenté. En se félicitant des bonnes relations bilatérales qui existent entre la Côte d’Ivoire et le Ghana et aussi les liens d’amitié qui le lient à son homologue du Ghana Nana Addo Dankwa Akufo-Addo.

Les Chefs d’Etat devront donc statuer sur les travaux des experts et des ministres des Finances qui ont pu se pencher, des jours auparavant, sur la nouvelle feuille de route. Ils devront être suffisamment éclairés sur le processus d’intégration monétaire au sein de la Cedeao pour contribuer à la circonscription des contraintes afin d’atteindre les objectifs fixés pour l’année 2020, année de la création de la monnaie unique.

L’idée de la mise en circulation d’une monnaie unique dans l’espace Cedeao a été lancée depuis le début des années 1980. Une région composée de 15 pays totalisant environ 300 millions d’habitants qui utilisent des monnaies différentes. Huit de ces pays ont en commun le franc Cfa, arrimé à l’Euro. Il s’agit des 8 pays composant l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa) : Bénin, Burkina Faso, Guinée-Bissau, Mali, Niger, Togo, Sénégal et Côte d’Ivoire. Et les sept autres ont chacun sa monnaie. A savoir  le Cedi pour le Ghana, le Dalasi pour la Gambie, l’Escudo pour le Cap Vert, le Franc guinéen pour la Guinée, le dollar libérien pour le Liberia, le Naira pour le Nigeria et le Leone pour la Sierra Leone.

Ces monnaies n’étant pas convertibles entre elles. Autant de défis que les Chefs d’Etat devront relever pour aller à la monnaie unique.

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